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Etats-Unis : les licenciements au sein du renseignement américain s'accélèrent

Après la nomination controversée de Bill Pulte à la tête du renseignement américain, les suppressions de postes dans son administration se poursuivent. Depuis le 1er juin, près de 200 employés ont quitté le Bureau du directeur du renseignement national américain (ODNI) à la suite de licenciements ou de réaffectations, selon des données transmises cette semaine par l’administration Trump au Congrès.

Destiné à coordonner et superviser l’ensemble des agences de renseignement américaines après les attentats du 11 septembre 2001, l’organisme est depuis plusieurs années dans le viseur de Donald Trump et de nombreux élus républicains, qui estiment, tout comme certains anciens responsables du renseignement, qu’il a largement dépassé le rôle que le Congrès lui avait initialement confié lors de sa création il y a une vingtaine d’années. Au début du second mandat de Donald Trump, l’ODNI comptait environ 2 000 employés mais, d’après des collaborateurs du Congrès, ses effectifs représentent aujourd’hui à peine plus de la moitié de ce total.

Un bras de fer

Pour le président américain, les agences de renseignement ont cherché à le déstabiliser durant son premier mandat, notamment à travers les rapports consacrés à l’ingérence russe dans l’élection présidentielle de 2016, qu’il estime avoir été élaborés pour nuire à sa campagne. Il a également rejeté à plusieurs reprises les analyses des services de renseignement sur différents dossiers, qu’il s’agisse de la stratégie nucléaire de la Corée du Nord ou de la réaction attendue de l’Iran après les frappes menées par les États-Unis et Israël en février.

Donald Trump avait donc justifié la nomination de Bill Pulte, dépourvu d’expérience dans le domaine de la sécurité nationale, en expliquant que celui-ci devait mener une réduction immédiate et profonde des effectifs. Et si ni l’administration Trump ni ses alliés au Congrès n’ont reconnu publiquement l’ampleur de ces réductions, deux personnes proches du dossier ont donné plus d’informations au Washington Post, sous couvert d’anonymat.

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Selon elles, les réductions comprennent des licenciements, mais concernent surtout un nombre plus important d’agents du renseignement qui ont été renvoyés dans leurs administrations d’origine. Une part importante des effectifs de l’ODNI est en effet composée de personnels détachés de la CIA et d’autres agences de renseignement. Le plus touché par ces changements est le National Intelligence Council, prestigieux organisme d’analyse chargé d’élaborer des évaluations communes à l’ensemble de la communauté américaine du renseignement sur des sujets majeurs, tels que l’origine du Covid-19 ou les ingérences étrangères dans les élections américaines. A l’inverse, le Centre national de lutte contre le terrorisme n’aurait pas été fortement impacté.

Une arrivée qui inquiète

« Le renseignement national américain fonctionne aujourd’hui de manière plus efficace et efficiente que jamais, et nous avons lancé une troisième vague de réduction des effectifs redondants ou non essentiels », s’est dans tous les cas gargarisé Bill Pulte sur X le 10 juillet, sans donner davantage de précisions. Le 23 juin, les principaux démocrates siégeant aux commissions du renseignement du Sénat et de la Chambre des représentants avaient pourtant adressé une lettre à Bill Pulte pour le mettre en garde contre les risques qu’entraîneraient d’importantes réductions d’effectifs.

« Nous sommes préoccupés par les informations selon lesquelles vous prévoyez de licencier ou de placer en congé des centaines de fonctionnaires de l’ODNI dès cette semaine », écrivaient le sénateur Mark Warner et le représentant Jim Himes. « S’il peut être légitime d’envisager une réduction responsable des effectifs de l’ODNI, toute coupe importante viendrait s’ajouter à la réduction substantielle déjà opérée en 2025 et risquerait de compromettre la mission d’une organisation créée explicitement après les attentats du 11-Septembre afin d’empêcher qu’une telle attaque terroriste ne se reproduise », poursuivaient-ils, sans manifestement avoir été entendus.

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L’arrivée prochaine de Jay Clayton au poste de directeur du renseignement national les inquiète également, les élus démocrates lui ayant reproché de ne pas avoir affirmé sans ambiguïté que Joe Biden avait remporté l’élection présidentielle de 2020, ce que Donald Trump continue de contester. La commission, à majorité républicaine, a approuvé sa nomination mardi par 9 voix contre 8, et un vote de l’ensemble du Sénat est attendu la semaine prochaine.


Source:

www.lexpress.fr

La Rédaction
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