Deux ans après le retour de Donald Trump au pouvoir, une partie des climatologues américains dresse un constat préoccupant sur l’état de la recherche publique consacrée au climat. Des chercheurs accusent l’administration de vouloir « chercher à briser le moral de la communauté scientifique », en visant des structures fédérales et les moyens qui leur permettent de fonctionner. Les griefs portent notamment sur la suppression de divisions entières au sein d’agences fédérales et sur des baisses de financement touchant des programmes liés au changement climatique.
Aux États-Unis, la recherche climatique repose largement sur la continuité des observations, la modélisation à long terme et des financements publics attribués à des équipes universitaires ou gouvernementales. La disparition de services spécialisés ne se limite donc pas à une réorganisation administrative : elle peut fragiliser des séries de données, ralentir des projets en cours et réduire la capacité des chercheurs à fournir des analyses utiles aux collectivités, aux autorités sanitaires, aux agriculteurs ou aux gestionnaires d’infrastructures. Dans ce domaine, la stabilité institutionnelle est un facteur central de qualité scientifique.
La mise en cause vise l’administration rattachée à la Maison Blanche, dont les choix budgétaires et organisationnels sont contestés par ces scientifiques. Leur alerte s’inscrit dans un débat plus large sur la place de la science dans la décision publique américaine, alors que les travaux sur le climat nourrissent aussi bien les politiques d’adaptation que l’évaluation des risques naturels. Le malaise exprimé dépasse la question des crédits : il touche à l’environnement professionnel des chercheurs, à la sécurité des parcours et à la possibilité de former de nouvelles générations de spécialistes.
Les conséquences d’un affaiblissement durable de la recherche fédérale américaine dépasseraient le cadre national. Les données produites aux États-Unis participent à la compréhension internationale du réchauffement, des événements extrêmes et de l’évolution des océans ou de l’atmosphère. Pour la communauté scientifique, le signal envoyé par les suppressions de divisions et les coupes financières est donc jugé particulièrement lourd. Les éléments établis à ce stade concernent ces réductions de structures et de moyens, ainsi que la dénonciation publique d’un climat de découragement au sein des équipes concernées.






