Nouvelle analyse artistique et médicale : une étude récente portant sur les œuvres du peintre florentin du XVe siècle conteste l’idée longtemps acceptée que Simonetta Vespucci soit morte de tuberculose. Les chercheurs ont examiné les représentations figurant le visage et la physionomie de la jeune femme dans la production du maître pour établir des indices cliniques visibles dans la peinture, aboutissant à un diagnostic différent de celui retenu par une large part des historiens jusqu’ici.
Le travail scientifique n’a pas consisté en analyses biologiques directes mais en une lecture attentive et interdisciplinaire des signes iconographiques et des descriptions contemporaines. À partir de ces éléments, l’équipe a jugé que les caractéristiques observées ne correspondaient pas au tableau attendu d’une affection tuberculeuse; elle propose donc une autre interprétation médicale des altérations visibles sur les portraits. Botticelli est ainsi replacé au centre d’un débat qui mêle histoire de l’art et histoire de la médecine.
Figure emblématique du cercle artistique florentin, Simonetta Vespucci est réputée pour avoir inspiré plusieurs représentations idéalisées du temps, ce qui rend toute évolution du diagnostic significative pour l’étude de l’iconographie. Le changement d’hypothèse sur sa cause de décès, survenue à l’âge de 23 ans, invite les spécialistes à réexaminer la manière dont les maladies étaient représentées et comprises à la Renaissance, ainsi que les conditions sociales et médicales entourant la vie des modèles et muses.
Les auteurs de l’étude appellent à approfondir ces conclusions par des approches complémentaires entre historiens de l’art, cliniciens et spécialistes des sources écrites. Au-delà de la seule figure de Simonetta, cette recherche illustre l’impact des méthodes contemporaines sur la compréhension de faits anciennement établis et sur la manière dont la réception des œuvres de la Renaissance peut évoluer à la lumière d’analyses pluridisciplinaires.






