Les Etats généraux consacrés à la douleur chez les femmes ont présenté, le 19 octobre, un ensemble de recommandations destinées à transformer la prise en charge clinique. Le comité d’experts à l’origine de ce texte dénonce que la souffrance féminine soit fréquemment minimisée et insiste sur la nécessité d’une écoute accrue. Dans une tribune publiée dans Le Monde, il formule la demande explicite que cette exigence de mieux écouter soit utilisée comme levier pour faire évoluer les pratiques de soin.
Les propositions avancées mettent l’accent sur une meilleure connaissance des spécificités liées au genre dans l’évaluation et le traitement de la douleur. Le comité préconise notamment que ces connaissances soient intégrées aux parcours de formation des professionnels de santé et prises en compte dans les protocoles cliniques, afin de réduire les écarts de diagnostic et d’adapter les réponses thérapeutiques aux patientes.
En pointant la tendance à la minimisation, le groupe d’experts souligne les conséquences pour la qualité des soins et la confiance des patientes envers le système de santé. L’appel porte aussi sur un renforcement des dispositifs de recueil d’informations et sur la place donnée aux témoignages des personnes concernées, considérés comme essentiels pour identifier les biais et ajuster les pratiques.
Présentées publiquement, ces recommandations visent à susciter un débat entre acteurs médicaux, autorités sanitaires et instances de formation. Leur mise en œuvre dépendra des décisions des institutions compétentes et de l’adhésion des professionnels. À court terme, le document ouvre une porte vers des actions concrètes — formation, recherche et ajustement des parcours de soins — destinées à garantir que la reconnaissance de la douleur féminine soit effective dans la pratique quotidienne.






