Une baisse récente de la couverture vaccinale en Europe attire de nouveau l’attention des autorités sanitaires : une étude montre un recul des vaccinations de routine, avec un impact notable sur la protection contre la poliomyélite. Ce glissement fait renaître la préoccupation que des maladies aujourd’hui peu visibles puissent reprendre de la circulation si les efforts de vaccination ne sont pas poursuivis et renforcés.
Véronique Inès Thouvenot, experte en santé internationale, a souligné dans une tribune publiée par Le Monde la nécessité de rester vigilants. Elle rappelle que la quasi-disparition de certains pathogènes observée dans les pays à haute couverture vaccinale tient aux campagnes soutenues et à une surveillance active ; l’affaiblissement de ces dispositifs crée des fragilités au sein des populations qui peuvent permettre des réapparitions locales.
La poliomyélite n’est pas encore éradiquée à l’échelle mondiale, et des foyers persistent dans certaines régions. Les responsables de santé publique insistent sur l’importance de la surveillance épidémiologique, du maintien des calendriers vaccinaux et de la conduite de rattrapages ciblés pour combler les lacunes. Une couverture insuffisante compromet l’immunité collective et augmente la probabilité d’apparition d’épisodes localisés, y compris après l’importation de cas.
Pour les systèmes de santé et les populations, les conséquences sont pratiques et immédiates : préserver la confiance dans les programmes de vaccination, soutenir les dispositifs de dépistage et garantir des réponses rapides restent des priorités. À l’échelle de l’Europe, la situation invite à consolider les politiques de prévention et à maintenir les investissements nécessaires afin que les acquis des dernières décennies ne deviennent pas réversibles.






