Onze ans après avoir engagé une coalition militaire pour chasser les Houthis de Sanaa et rétablir un gouvernement allié, l’Arabie saoudite se retrouve confrontée aux limites de sa stratégie. Les bombardements, les armements occidentaux, les alliances régionales et les opérations terrestres n’ont pas permis de neutraliser durablement le mouvement yéménite. En octobre 2026, les nouvelles attaques contre les aéroports saoudiens et la reprise des combats autour du détroit de Bab el-Mandeb rappellent que Riyad demeure exposé à une menace qu’il voulait précisément éliminer. Derrière ces revers stratégiques se dessine également le bilan humain et économique d’une guerre qui a profondément dévasté le Yémen.
Onze années d’intervention militaire sans parvenir à reprendre Sanaa
Le 26 mars 2015, lorsque l’Arabie saoudite lance l’opération « Tempête décisive », les dirigeants du royaume entendent modifier rapidement le rapport de force au Yémen. Les Houthis, qui ont pris le contrôle de Sanaa en septembre 2014, ont progressivement marginalisé le gouvernement du président Abd Rabbu Mansour Hadi. Riyad considère leur progression comme une menace directe pour sa sécurité nationale et pour son influence régionale. Une coalition militaire est alors constituée autour du royaume, avec la participation notamment des Émirats arabes unis, de Bahreïn, du Koweït et d’autres États arabes. L’intervention bénéficie également d’un soutien occidental en matière d’armement, de renseignement et de logistique. La campagne aérienne doit affaiblir rapidement les capacités militaires houthis, faciliter la reconquête des territoires et permettre le retour des autorités reconnues internationalement dans la capitale. Pourtant, onze ans plus tard, Sanaa demeure sous le contrôle du mouvement Ansar Allah. Les Houthis administrent une grande partie du nord du pays, où se concentre une proportion majeure de la population yéménite. Le gouvernement reconnu internationalement conserve des territoires dans le sud et l’est, mais il n’a pas retrouvé son autorité sur l’ensemble du pays. Cette réalité territoriale constitue la principale limite de l’intervention saoudienne : malgré des moyens militaires considérables, le royaume n’a pas atteint l’objectif politique central qui avait justifié son entrée en guerre.
Une supériorité technologique incapable de neutraliser les Houthis
L’expérience yéménite illustre les difficultés rencontrées par une armée conventionnelle moderne lorsqu’elle affronte un mouvement enraciné dans un territoire complexe. L’Arabie saoudite dispose d’avions de combat sophistiqués, de systèmes de surveillance, de missiles et d’équipements de défense fournis par ses partenaires internationaux. Elle possède également les ressources financières nécessaires pour soutenir des opérations prolongées. Mais cette supériorité matérielle ne s’est pas traduite par une maîtrise durable du terrain. Les Houthis ont exploité les reliefs montagneux du nord du Yémen, dispersé leurs forces, développé des réseaux logistiques et adapté leurs tactiques aux frappes aériennes. Les bombardements ont pu détruire des installations, des dépôts de munitions et des positions militaires, sans parvenir à supprimer les structures politiques et combattantes du mouvement. Cette différence entre destruction matérielle et contrôle territorial explique une part essentielle des difficultés saoudiennes. La guerre a progressivement pris la forme d’un affrontement d’usure dans lequel les opérations aériennes ne pouvaient, à elles seules, produire une victoire politique. Parallèlement, les Houthis ont renforcé leurs capacités de missiles et de drones, notamment grâce à l’assistance iranienne. L’adversaire que Riyad cherchait à contenir a ainsi conservé des moyens de pression considérables, capables d’atteindre des objectifs situés bien au-delà du territoire yéménite.
Octobre 2026 : les attaques contre Riyad exposent les failles de la sécurité du royaume
La nouvelle escalade militaire d’octobre 2026 donne une dimension particulièrement concrète à ces difficultés. Au cours de la première semaine du mois, plusieurs attaques ont visé des installations aéroportuaires saoudiennes, notamment à Riyad et à Abha. Le 7 octobre, des frappes revendiquées par les Houthis contre ces aéroports ont provoqué la mort de trois personnes et blessé plusieurs dizaines d’autres. Le 8 octobre, de nouvelles attaques ont touché l’aéroport international du roi Khaled, à Riyad, provoquant notamment la mort de trois ressortissants saoudiens. Le 10 octobre, une nouvelle frappe contre cette même infrastructure a fait plusieurs blessés et entraîné la suspension temporaire des opérations aériennes. Les autorités ont dû procéder à des évaluations des dégâts tandis que plusieurs compagnies aériennes annulaient ou détournaient leurs vols. La répétition de ces attaques révèle une difficulté stratégique majeure : après plus d’une décennie de guerre, les infrastructures essentielles du royaume demeurent exposées aux capacités offensives de son adversaire yéménite. La question dépasse la seule efficacité des systèmes d’interception. Elle concerne la capacité de l’Arabie saoudite à garantir la sécurité de ses centres économiques, de ses transports internationaux et de sa population, alors même que la neutralisation de la menace houthie constituait l’un des objectifs fondamentaux de son intervention.
Le détroit de Bab el-Mandeb, une bataille stratégique toujours inachevée
La reprise des affrontements autour du détroit de Bab el-Mandeb constitue un autre révélateur de l’instabilité persistante. Situé entre le Yémen et la Corne de l’Afrique, ce passage relie la mer Rouge au golfe d’Aden et représente une voie maritime essentielle pour les échanges internationaux. Sa proximité avec le canal de Suez lui confère une importance économique et géopolitique considérable. Au cours de l’année 2026, les Houthis ont intensifié leurs opérations dans plusieurs secteurs de la côte occidentale yéménite, menaçant les positions des forces gouvernementales et accentuant les inquiétudes concernant la navigation commerciale. En réponse, les forces yéménites soutenues par Riyad ont engagé une contre-offensive au début du mois d’octobre, revendiquant la reprise de plusieurs positions stratégiques. Les combats se sont poursuivis autour de zones côtières particulièrement sensibles, tandis que les différentes parties présentaient des bilans contradictoires de leurs avancées. Ces opérations montrent que l’Arabie saoudite conserve une capacité militaire importante et peut contribuer à des reconquêtes territoriales. Elles soulignent également les limites de ces succès ponctuels : la reprise d’une position ne suffit pas à garantir durablement la sécurité d’une route maritime lorsque les forces adverses conservent des missiles, des drones et la possibilité de lancer de nouvelles offensives. Après onze années de guerre, la question du contrôle de Bab el-Mandeb demeure ainsi liée à un affrontement dont aucune opération militaire récente n’a permis de résoudre les causes profondes.
Pourquoi les alliances avec les États-Unis, la Turquie et le Pakistan ne suffisent pas à régler le conflit
L’Arabie saoudite a construit depuis plusieurs décennies un réseau de partenariats militaires destiné à renforcer sa sécurité et sa position régionale. Les États-Unis occupent une place centrale dans ce dispositif grâce aux ventes d’armements, à la coopération en matière de renseignement et au soutien technique apporté aux capacités militaires saoudiennes. Le royaume entretient également des relations stratégiques avec le Pakistan et a développé sa coopération de défense avec la Turquie. Dans le contexte des tensions régionales de 2026, ces partenariats ont pris une importance renouvelée. Toutefois, il convient de distinguer les différentes formes d’assistance : coopération défensive, fourniture d’équipements, renseignement, présence de conseillers et participation directe aux combats ne constituent pas des engagements équivalents. L’existence de ces alliances ne signifie donc pas que tous les partenaires de Riyad participent à une même offensive contre les Houthis. Leur importance souligne néanmoins une réalité : le royaume dispose d’un environnement diplomatique et militaire particulièrement favorable par rapport aux moyens dont disposent les forces yéménites. Pourtant, cet avantage n’a pas permis d’imposer une solution durable. La raison principale tient à la nature du conflit. Les partenaires étrangers peuvent renforcer les capacités aériennes et défensives saoudiennes, mais ils ne peuvent remplacer l’existence d’un pouvoir yéménite stable, d’institutions légitimes et d’un accord politique capable de mettre fin aux rivalités internes. La guerre démontre ainsi que l’accumulation des alliances ne garantit pas la réalisation des objectifs stratégiques lorsque les causes politiques et territoriales du conflit demeurent irrésolues.
Les divisions du camp anti-houthi ont fragilisé les ambitions de Riyad
L’une des difficultés les plus persistantes de l’intervention saoudienne provient de la fragmentation des forces yéménites opposées aux Houthis. Depuis 2015, le camp soutenu par Riyad a rassemblé des unités gouvernementales, des formations tribales, des groupes armés locaux et des mouvements politiques dont les intérêts ne coïncidaient pas toujours. Les Émirats arabes unis, partenaires essentiels de la coalition initiale, ont progressivement développé leurs propres relations avec des forces implantées dans le sud du pays, notamment celles associées au Conseil de transition du Sud. Les ambitions séparatistes de ce mouvement ont compliqué les relations avec les autorités reconnues internationalement et provoqué des tensions au sein même du camp anti-houthi. La création du Conseil présidentiel de direction en avril 2022 devait contribuer à réorganiser les institutions et à renforcer la coordination des forces gouvernementales. Mais les rivalités n’ont pas disparu. Les recompositions militaires intervenues entre décembre 2025 et janvier 2026, notamment dans le sud du Yémen, ont confirmé la fragilité des alliances locales. Cette situation a compliqué la conduite d’opérations cohérentes et la consolidation des territoires reconquis. Pour Riyad, le problème ne consistait donc pas uniquement à affronter les Houthis. Il fallait également maintenir l’unité d’acteurs yéménites divisés sur l’avenir institutionnel du pays, le partage des ressources et les rapports de pouvoir. L’absence d’un projet politique suffisamment fédérateur a considérablement réduit les effets des succès militaires obtenus par la coalition.
Des centaines de milliers de morts et une catastrophe humanitaire historique
Le bilan humain de la guerre constitue l’une des dimensions les plus graves de l’intervention au Yémen. Une estimation publiée par le Programme des Nations unies pour le développement évaluait à environ 377 000 le nombre de décès directement ou indirectement liés au conflit à la fin de l’année 2021. Ce bilan historique, qui ne constitue pas un décompte actualisé pour octobre 2026, prenait en compte les victimes des violences ainsi que les décès provoqués par la faim, les maladies et la dégradation des conditions sanitaires. La poursuite des affrontements et l’effondrement des services publics ont prolongé les souffrances de la population. En mars 2026, les Nations unies estimaient à 22,3 millions le nombre de personnes nécessitant une assistance humanitaire ou des mesures de protection. Parmi elles figuraient 5,2 millions de déplacés internes, contraints d’abandonner leurs habitations pour échapper aux combats ou à l’insécurité. La crise alimentaire touchait 18,3 millions de personnes, tandis que plus de 2,2 millions d’enfants de moins de cinq ans souffraient de malnutrition aiguë, dont environ 516 000 de malnutrition sévère. À ces chiffres s’ajoutaient 1,3 million de femmes enceintes ou allaitantes exposées à la malnutrition. Ces données traduisent une catastrophe qui dépasse largement les affrontements militaires. Les bombardements, les offensives terrestres, les restrictions de circulation, les entraves à l’aide humanitaire et la désorganisation économique ont contribué à dégrader les conditions de vie de millions de Yéménites. Les responsabilités sont réparties entre plusieurs acteurs du conflit, mais l’ampleur de cette tragédie demeure indissociable de la prolongation de la guerre depuis 2015.
La destruction des infrastructures et l’effondrement de l’économie yéménite
Les conséquences matérielles de la guerre ont profondément transformé le Yémen. Les infrastructures routières, les installations électriques, les réseaux d’approvisionnement en eau, les écoles, les hôpitaux et les équipements industriels ont subi des destructions et des dégradations considérables. Les frappes aériennes, les combats terrestres, le manque d’entretien et l’effondrement progressif des administrations ont réduit les capacités du pays à assurer les services les plus essentiels. En 2026, seulement 59,3 % des établissements de santé étaient pleinement fonctionnels, alors que les besoins médicaux continuaient d’augmenter. Plus de 14 millions de personnes avaient besoin d’une assistance en matière d’eau, d’assainissement et d’hygiène. La situation économique était tout aussi alarmante. L’économie yéménite s’était contractée de plus de 50 % depuis le début du conflit, tandis que le produit intérieur brut par habitant avait été réduit de plus de moitié. Plus de 80 % de la population vivait sous le seuil de pauvreté et le pays dépendait des importations pour environ 90 % de son alimentation. Cette dépendance rendait les familles particulièrement vulnérables aux perturbations des routes commerciales, aux fluctuations des prix et aux difficultés d’approvisionnement. Dans de nombreuses régions, la guerre a également provoqué une fragmentation des institutions financières, des retards de paiement des salaires publics et une dégradation du pouvoir d’achat. Le coût réel du conflit ne se limite donc pas aux installations détruites ou aux dépenses militaires engagées. Il comprend également les années de développement perdues, l’affaiblissement durable des institutions et la destruction des perspectives économiques de millions de personnes.
Les Houthis sont devenus un acteur régional que Riyad ne peut plus ignorer
L’évolution militaire et politique des Houthis représente l’un des paradoxes majeurs de cette guerre. Né dans le nord du Yémen, le mouvement s’est progressivement transformé en une organisation politico-militaire disposant d’une administration territoriale, de structures de sécurité et de capacités offensives importantes. Son contrôle sur Sanaa et sur une grande partie du nord du pays lui permet de mobiliser des ressources, de gérer des institutions et d’exercer une autorité sur une population nombreuse. Parallèlement, ses capacités de missiles et de drones ont renforcé sa faculté d’intervention dans les équilibres régionaux. Les attaques contre les installations saoudiennes et les opérations visant la navigation commerciale en mer Rouge ont montré que le mouvement pouvait désormais exercer une pression militaire et économique au-delà des frontières yéménites. Cette transformation ne signifie pas que les Houthis ont remporté toutes les confrontations militaires ni que leur gouvernance bénéficie d’une adhésion unanime. Leur administration fait également l’objet de critiques concernant la répression, les détentions arbitraires et les restrictions imposées aux organisations humanitaires. Néanmoins, leur survie politique et militaire après onze années de confrontation représente une limite évidente de la stratégie saoudienne. Le mouvement que Riyad entendait affaiblir conserve aujourd’hui des capacités suffisantes pour menacer directement la sécurité du royaume et peser sur les négociations concernant l’avenir du Yémen.
Les conséquences de la guerre menacent les ambitions économiques de Mohammed ben Salmane
La poursuite du conflit constitue également un défi pour la stratégie de transformation économique engagée par le prince héritier Mohammed ben Salmane. Depuis plusieurs années, l’Arabie saoudite cherche à réduire sa dépendance aux revenus pétroliers, à attirer les investissements internationaux et à développer de nouveaux secteurs économiques dans le cadre de Vision 2030. Les projets touristiques, les infrastructures de transport, les grands événements internationaux et les investissements technologiques nécessitent toutefois un environnement sécuritaire stable. Les attaques d’octobre 2026 contre les aéroports saoudiens ont rappelé la vulnérabilité de ces ambitions face à une escalade militaire. Les annulations de vols, les perturbations des déplacements internationaux et les inquiétudes exprimées par les entreprises étrangères peuvent affecter l’image de sécurité que le royaume cherche à projeter. Les installations énergétiques demeurent également des infrastructures sensibles, dont la protection mobilise des moyens considérables. Pour Riyad, la guerre au Yémen représente ainsi un problème qui dépasse les seules questions de défense. Elle peut peser sur la confiance des investisseurs, les dépenses publiques et la capacité du royaume à concentrer ses ressources sur ses priorités économiques. L’intervention militaire destinée à sécuriser durablement la frontière méridionale continue donc d’imposer des contraintes importantes à la politique intérieure et aux ambitions internationales de l’Arabie saoudite.
Pourquoi les nouvelles offensives ne peuvent effacer onze années d’objectifs inachevés
Les opérations militaires conduites en octobre 2026 montrent que l’Arabie saoudite et les forces yéménites qu’elle soutient conservent des capacités offensives importantes. Les contre-offensives menées sur la côte occidentale et les frappes contre les positions houthis peuvent modifier temporairement les rapports de force. Cependant, ces opérations interviennent dans un conflit dont les objectifs fondamentaux demeurent largement irrésolus. La capitale yéménite reste sous contrôle houthi, les institutions nationales demeurent divisées et la sécurité du territoire saoudien continue d’être menacée. Les difficultés rencontrées par Riyad ne peuvent donc être évaluées uniquement à travers le résultat d’une bataille ou la reprise d’une localité. Elles doivent être appréciées au regard des ambitions annoncées lors de l’intervention de 2015 et des conséquences accumulées depuis cette date. Le royaume cherchait à restaurer rapidement un pouvoir allié, à réduire l’influence iranienne et à neutraliser les menaces provenant du territoire yéménite. Onze années plus tard, aucun de ces objectifs n’a été pleinement réalisé. La poursuite des combats montre également que les solutions exclusivement militaires n’ont pas permis de surmonter les fractures politiques, territoriales et sociales qui alimentent le conflit. Tant qu’un règlement négocié ne permettra pas de définir les rapports de pouvoir, les garanties de sécurité et les modalités de reconstruction du pays, les gains militaires risquent de rester fragiles et réversibles.
Le Yémen, révélateur des limites de la puissance saoudienne au Moyen-Orient
La guerre du Yémen met en évidence une difficulté fondamentale des interventions militaires contemporaines : la supériorité technologique et financière ne suffit pas à imposer un ordre politique durable. L’Arabie saoudite a engagé des ressources considérables, mobilisé des partenaires régionaux et bénéficié de relations militaires étroites avec les grandes puissances occidentales. Elle a conduit des campagnes aériennes prolongées, soutenu des offensives terrestres et participé à plusieurs initiatives diplomatiques. Pourtant, les Houthis conservent une place centrale dans les rapports de force yéménites, tandis que les institutions du pays demeurent fragmentées. La nouvelle escalade d’octobre 2026 rappelle que les tensions militaires peuvent rapidement remettre en cause les périodes de désescalade, comme celle ouverte par la trêve de 2022. Pour Riyad, l’enjeu dépasse désormais la recherche de nouvelles victoires tactiques. Il consiste à déterminer comment garantir durablement sa sécurité sans prolonger indéfiniment un conflit dont les conséquences humaines et économiques sont déjà considérables. La situation actuelle ne permet pas d’établir l’issue définitive des opérations en cours, mais elle fournit un bilan clair des limites de la stratégie poursuivie depuis 2015 : les bombardements n’ont pas permis de reprendre Sanaa, les alliances militaires n’ont pas supprimé la menace houthie et la guerre n’a pas débouché sur la stabilité régionale recherchée. Derrière ces objectifs inachevés demeure surtout un pays profondément meurtri, dont la population continue de subir les conséquences d’un affrontement prolongé. Onze ans après le début de l’intervention saoudienne, la question essentielle reste donc celle d’une paix politique durable, seule susceptible de mettre fin à la répétition des offensives et à la destruction progressive du Yémen.
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(*) Isaac Hammouch est journaliste et écrivain belgo-marocain. Auteur de plusieurs ouvrages et de nombreuses tribunes, il analyse les enjeux de société, les questions de gouvernance et les mutations du monde contemporain.






