Nouvelle étape pour la jeune auteure et chercheuse: Adèle Yon quitte provisoirement le champ de la prose pour celui de la représentation. Apparue dans le paysage littéraire il y a deux ans avec Mon vrai nom est Elisabeth, elle avait livré une enquête familiale centrée sur son arrière‑grand‑mère internée puis lobotomisée. Ce récit, qui a contribué à relancer des discussions sur les pratiques psychiatriques du passé, avait installé son nom au croisement de la littérature engagée et de la mémoire intime.
À 32 ans, l’auteure a concrétisé un projet de théâtre: elle signe une pièce qui sera présentée fin octobre en Suisse. Les répétitions ont débuté, avec l’objectif explicite de porter sur le plateau la figure de son aïeule et les enjeux humains soulevés par l’enquête. Ce passage du livre à la scène traduit une volonté de transposer une histoire documentée dans une forme performative, où la présence d’acteurs et la mise en espace modifient la manière dont le public reçoit le récit.
La démarche combine recherche personnelle et dispositif dramatique: l’adaptation propose d’ouvrir un autre angle d’approche de faits déjà publiés, en explorant la représentation sensible de la souffrance et de l’oubli. En transformant des archives et des témoignages en matière scénique, la pièce entend replacer des événements individuels dans une mémoire collective plus large, interrogeant à la fois les pratiques médicales historiques et la façon dont les sociétés les racontent.
Sur le plan culturel, ce basculement vers le plateau intervient deux ans après la parution du livre et illustre la porosité entre arts narratifs et arts vivants. La programmation en Suisse fin octobre fera office de premier test public pour cette adaptation, qui pourrait alimenter le débat sur la représentation de l’histoire psychiatrique et la conservation de la mémoire familiale. Pour l’autrice, cette expérience scénique marque une nouvelle étape de travail documentaire et créatif, susceptible d’étendre la portée de son enquête au‑delà du livre.






