Saisies record et une hausse des interpellations décrivent aujourd’hui la situation dans plusieurs aéroports français. Office français de lutte contre le trafic de stupéfiants (Ofast) alerte, dans une note d’analyse, sur l’augmentation des personnes utilisées comme « mules » en provenance de Thaïlande, liée au trafic de cannabis thaïlandais. Les chiffres signalés évoquent une tension accrue aux points de contrôle, sans pour autant permettre d’identifier massivement les têtes des réseaux.
Les personnes interpellées sont souvent présentées comme de faibles maillons logistiques : transporteurs occasionnels ou recrutés via des filières informelles. Selon la note, les procédures menées à l’aéroport aboutissent fréquemment à des saisies substantielles, mais les investigations postérieures peinent à remonter jusqu’aux organisateurs. Cet écart entre interpellations de terrain et démantèlement des chaînes de commandement complique la stratégie judiciaire et policière.
La note pointe également que les services de police sont « saturés » par l’augmentation des dossiers liés à ces affaires. Outre la charge opérationnelle dans les aéroports, les enquêtes requièrent des ressources humaines et techniques soutenues : analyses toxicologiques, exploitation des flux de téléphonie et coordination judiciaire. Cette saturation se traduit par des délais plus longs dans l’instruction des dossiers et une pression accrue sur les services judiciaires chargés du suivi.
À court terme, la persistance de ce schéma — mules interceptées mais organisateurs rarement identifiés — pose un défi pour la prévention et la lutte contre le trafic. La note met en lumière la nécessité de renforcer les échanges d’information internationaux et les enquêtes transfrontalières afin de mieux cibler les commanditaires. Le phénomène, centré sur le trafic de cannabis venu de Thaïlande, illustre la difficulté de transformer des saisies spectaculaires en démantèlements complets des réseaux criminels.






