Les écoles sont au coeur d’un débat analysé dans «L’école, champ de bataille» par le politiste québécois Francis Dupuis-Déri. L’ouvrage examine la manière dont des courants identifiés comme masculinistes orientent leurs efforts vers le milieu éducatif, en contestant des contenus, des pratiques pédagogiques et des approches traitant de genre et d’identité. Cette lecture situe l’action scolaire au centre d’une confrontation culturelle plus large qui dépasse les murs des établissements.
Le travail de recherche décrit des stratégies de mobilisation qui visent à influencer l’opinion publique et les décisions locales : interventions dans des instances scolaires, recours aux réseaux sociaux et mise en avant de revendications autour de la liberté d’expression ou de la protection des droits des garçons. Ces dynamiques se déploient dans un contexte où les questions liées à la diversité et à l’éducation font l’objet d’intenses controverses, et où les écoles deviennent des lieux symboliques de la lutte pour la définition des valeurs et des priorités éducatives.
Selon l’analyse présentée, ces actions produisent des effets concrets sur l’organisation scolaire : tensions entre équipes pédagogiques et familles, sollicitations des conseils scolaires et pressions sur les programmes. Le livre met en évidence des modes d’action polymorphes plutôt que des structures homogènes, soulignant la variété des acteurs et des registres — du militantisme local aux campagnes numériques — qui contribuent à la visibilité de ces revendications au sein du Québec et au-delà.
Les enjeux soulevés touchent à la fois la conception des programmes, l’autonomie des personnels et la capacité des autorités éducatives à garantir un environnement inclusif. En retraçant ces trajectoires, l’étude propose un cadre d’analyse pour comprendre comment des mouvements externes cherchent à redéfinir l’espace scolaire et quelles réponses institutionnelles et professionnelles peuvent être mobilisées pour préserver l’intégrité pédagogique.
Au-delà du cas analysé, l’ouvrage offre des clés pour saisir la manière dont les conflits culturels contemporains se traduisent en enjeux scolaires, et invite à une réflexion factuelle sur les implications pour la gouvernance éducative, la protection des droits des élèves et la cohésion sociale.






