Milton Keynes, au nord de Londres, s’affirme comme un terrain d’essai majeur pour les services de livraison automatisée. Le gouvernement britannique a engagé une révision du cadre juridique destinée à autoriser la circulation de robots de livraison sur les trottoirs, un changement qui intervient alors que ces engins ont été déployés dans une vingtaine de villes au Royaume‑Uni.
Ces petits véhicules autonomes, conçus pour acheminer colis et repas sur les derniers mètres, ont commencé à intervenir dans des quartiers résidentiels et des zones commerciales. À Milton Keynes, où plusieurs opérateurs testent des navettes et robots d’encombrements réduits, les autorités locales travaillent avec les exploitants pour adapter l’espace public et les trajectoires de circulation. L’implantation vise à évaluer la coexistence entre piétons, cyclistes et ces nouveaux usagers motorisés.
La modification envisagée du droit porte principalement sur la possibilité pour ces machines d’utiliser les trottoirs, aujourd’hui réservés aux piétons. Les débats juridiques portent sur la définition statutaire des véhicules, les règles de priorité, ainsi que la responsabilité en cas d’incident. Des questions techniques se posent également concernant les normes de sécurité, la limitation de vitesse, et les systèmes d’identification indispensables pour l’intégration dans le tissu urbain.
Au‑delà de la dimension réglementaire, le dossier engage des enjeux économiques et logistiques pour les acteurs de la distribution. L’autorisation formelle de circulation sur les trottoirs pourrait faciliter le développement de solutions de « dernier kilomètre » moins coûteuses et moins génératrices de trafic motorisé, sans pour autant neutraliser les interrogations sur l’accessibilité et la sécurité des piétons. La progression des expérimentations à Milton Keynes et dans d’autres municipalités servira de base factuelle aux décisions nationales concernant la généralisation éventuelle de ces technologies.






