Trente pour cent des poissons-chats du lac Memphrémagog, situé dans le Vermont, sont porteurs d’un mélanome dont la nature transmissible a été identifiée par des observations récentes. Le phénomène concerne une proportion importante des individus examinés et pose des questions inédites pour la santé des populations ichtyologiques de ce plan d’eau.
Le terme mélanome transmissible renvoie à des tumeurs capables de se propager d’un individu à un autre par le transfert de cellules cancéreuses, plutôt que par une contagion virale classique. Des formes de cancers transmissibles sont déjà documentées chez d’autres espèces, comme la tumeur vénérienne transmissible chez le chien et la tumeur faciale du diable de Tasmanie, mais leur rareté rend chaque nouvelle découverte particulièrement significative pour la recherche en oncologie et en écologie animale.
Les conséquences potentielles sur l’écosystème du lac et sur les populations de poissons-chats restent à évaluer. Une prévalence élevée peut altérer la dynamique des populations, affecter les réseaux trophiques et avoir des répercussions sur les activités de pêche. Les autorités sanitaires et environnementales disposent désormais d’un motif pour renforcer la surveillance, réaliser des études épidémiologiques et génétiques afin de caractériser le mécanisme de transmission, déterminer l’origine du mélanome et estimer son extension géographique.
La question d’un risque pour les humains n’est pas établie et nécessite des investigations spécifiques ; les cancers transmissibles observés jusqu’à présent sont majoritairement spécifiques à l’espèce affectée. Des travaux complémentaires sont indispensables pour éclairer l’origine de cette tumeur au Memphrémagog, définir des protocoles de suivi et proposer, si nécessaire, des mesures de gestion adaptées pour préserver la santé de la faune aquatique et la résilience de l’écosystème.
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