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Un "combat acharné" en vue : aux Etats-Unis aussi, la fin du changement d'heure fait débat

Le serpent de mer semble avoir traversé l’Atlantique : après l’Europe, les Etats-Unis sont à leur tour gagnés par l’éternel débat de la fin nécessaire — ou non — du changement d’heure deux fois par an. Adoptée le 15 juillet par la Chambre des représentants avec un large soutien bipartisan, une proposition de loi soutenue par Donald Trump visant à rendre permanente l’heure d’été a relancé les discussions aux États-Unis, où l’heure d’été est appelée la « daylight saving time » parce qu’elle consiste à « économiser » la lumière du jour en avançant les horloges pour profiter plus longtemps des soirées.

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Si le texte était adopté par le Sénat puis promulgué par le président, les Américains ne reculeraient donc plus leurs horloges d’une heure au mois de novembre. Mais comme sur le Vieux Continent — où le changement d’heure aurait dû être supprimé après un vote du Parlement européen qui l’avait en théorie abrogé en 2019 — l’avenir de cette réforme semble très incertain. Le chef de la majorité républicaine au Sénat, John Thune, a d’ores et déjà reconnu qu’il n’était pas certain de réunir les 60 voix nécessaires pour surmonter un éventuel filibuster (une forme d’obstruction parlementaire), tandis que plusieurs sénateurs républicains promettent de s’y opposer.

Un siècle de débat et de test

En vérité, le sujet divise les États-Unis depuis plus d’un siècle. L’heure d’été y a été instaurée une première fois en 1918 pour économiser l’énergie, avant d’être abandonnée dès 1919. Elle a été réintroduite en 1942, pendant la Seconde Guerre mondiale, mais chaque État ou collectivité restait alors libre de choisir ses dates de changement d’heure. Cette situation a pris fin avec le Uniform Time Act de 1966, qui a harmonisé les changements d’heure à l’échelle nationale et entériné l’alternance entre heure d’été et heure d’hiver.

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En pleine crise énergétique, le président Richard Nixon avait signé, le 15 décembre 1973, une loi instaurant l’heure d’été permanente à partir de janvier 1974, dans l’espoir de réduire la consommation d’énergie. L’expérience a toutefois rapidement tourné court. Un mois après sa mise en place, l’instauration permanente du « daylight saving time » a été fortement contestée par une partie de la population. Pour cause : dans certaines régions du pays, le soleil ne se levait pas avant 9 heures, voire plus tard, obligeant de nombreux enfants à partir à l’école dans l’obscurité. Plusieurs accidents impliquant des écoliers ont été recensés à travers le pays, dont huit décès en Floride. Face à cette impopularité, le président Gerald Ford avait alors signé en octobre de la même année une loi rétablissant l’heure standard pendant quatre mois de l’année. Les Etats-Unis appliquent depuis le système actuel de deux changements d’heure par an.

Un « combat acharné » s’annonce au Sénat

Les arguments ont peu évolué depuis. Les défenseurs de l’heure d’été permanente estiment que les changements d’heure perturbent le sommeil, augmentent les accidents de la route et les blessures au travail, et qu’une heure supplémentaire de lumière en fin de journée favoriserait l’activité économique pendant l’hiver. Les opposants mettent en avant les conséquences d’un lever du soleil très tardif, qui obligerait enfants, travailleurs du bâtiment, agriculteurs ou ouvriers à commencer leur journée dans l’obscurité.

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Ces arguments expliquent les fortes résistances au Sénat. Selon l’agence de presse Reuters, Donald Trump s’est personnellement impliqué dans le débat, en appelant lui-même plusieurs élus républicains afin de les convaincre de soutenir le texte. Le sénateur républicain John Kennedy a confirmé avoir reçu un appel du président, tout en prévenant que s’attendre à un « combat acharné ». Le républicain de l’Arkansas Tom Cotton a quant à lui annoncé qu’il bloquerait toute tentative d’adoption accélérée, tandis que le sénateur du Montana Steve Daines estime qu’une telle réforme serait inapplicable dans les États du nord-ouest, où le soleil ne se lèverait qu’aux alentours de 9h30 en plein hiver. Plus de cinquante ans après son abandon, l’heure d’été permanente reste donc un sujet hautement controversé aux États-Unis.


Source:

www.lexpress.fr

La Rédaction
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