Il va effectuer ses premiers largages de produit retardant contre les incendies ce samedi après-midi en Gironde. L’A400M, avion de transport militaire, a donc été adapté à la demande du gouvernement pour combattre le feu, via un système développé par son fabricant Airbus, jusqu’ici pas encore déployé en conditions réelles.
Le prototype, que le constructeur a notamment testé en avril 2025 près de Nîmes, dans le Gard, est constitué d’une vaste cuve semi-cylindrique, installée dans la soute de l’avion en passant par la rampe arrière, sans modification structurelle de l’appareil. Il doit permettre de transformer cet avion de transport de troupes ou de matériel en bombardier d’eau, capable de larguer 20.000 litres d’eau ou de produit retardant le feu. Soit l’équivalent de deux avions Dash.
20.000 litres d’eau ou de produit retardant
Sébastien Lecornu a demandé aux Armées de déployer dès samedi un avion A400M équipé de ce kit de largage. Le gouvernement évoquait jusqu’ici un déploiement à la fin du mois en raison d’une phase nécessaire de préparation technique et d’essais préalables. Airbus présente sur son site internet un système « auparavant indisponible sur le marché » permettant de larguer par l’arrière 20.000 litres d’eau ou de produits retardateur de flamme, et qui se recharge « en moins de 10 minutes » à l’aide de pompes standard.
Toutefois, contrairement au Canadair qui peut se charger en eau en survolant un lac ou la mer, l’A400M ainsi équipé doit atterrir être rechargé au sol. Mais il a la capacité de décoller et atterrir sur des pistes « courtes et non pavées », assure Airbus, ce qui « améliore significativement la flexibilité de l’ensemble » et permet des opérations depuis des bases aériennes proches des zones de feu.
L’avionneur revendique plus largement l’ambition de « construire un écosystème qui répondra aux nouveaux défis de la gestion des feux de forêt dans un environnement plus extrême », selon Olivier Chalvet, chargé du sujet au sein de l’entreprise, cité dans un communiqué de mai 2026.
Le groupe entend notamment développer une plateforme agrégeant « des images optiques provenant d’avions légers » ou de drones avec de l’imagerie satellitaire, pour mieux guider la lutte contre les incendies. « De cette façon, le commandant des pompiers n’a plus à se fier à des communications radio fragmentées », selon l’avionneur, mais peut s’appuyer sur « une carte numérique en temps réel et en haute définition de chaque drone, aéronef et équipe au sol » pour une « connaissance totale de la situation ».
12 Canadair et 8 Dash
La France déploie déjà 12 Canadair (6.000 litres), 8 Dash (10.000 litres), 12 hélicoptères bombardiers d’eau (6 lourds de 3.500 litres, 4 légers de 1.000 litres et 2 Dragon équipés d’un Bambi bucket de 800 litres), 6 avions de type Airtractor (3.100 litres chacun), 27 hélicoptères départementaux soit 65 vecteurs aériens bombardiers d’eau. Cette flotte est complétée par 3 Beechcraft Super King Air chargés de la coordination et de l’investigation sur les principaux chantiers.
Elle a par ailleurs activé le mécanisme de solidarité européenne (Rescue) qui permet de mobiliser des vecteurs aériens complémentaires, venant d’autres pays.
Source:
www.20minutes.fr






