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Au parc des expositions de Bordeaux, les bénévoles redonnent le sourire aux réfugiés des incendies

« Nous aurions besoin d’un bénévole s’il-vous-plaît », « N’oubliez pas, des kinésithérapeutes sont là jusqu’à 17 heures », « Le dîner sera servi de 18 h 45 à 21 h 30 », « Venez assister à notre séance cinéma ».  Toute la journée, ces messages résonnent dans les haut-parleurs et rythment la vie des quelque 1 000 personnes toujours réfugiées dans le vaste hall 2 du parc des expositions de Bordeaux, en Gironde, lundi 27 juillet. 

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Dans la nuit de vendredi à samedi, ils avaient été près de 7 000 à passer les portes de cette imposante structure climatisée, chassés de chez eux à cause des fumées de l’incendie massif qui ravage la région. Depuis, la plupart des touristes étrangers et des vacanciers sont repartis et de nombreux sinistrés girondins ont trouvé refuge chez des amis ou de la famille.

Pour les autres, la mairie de Bordeaux planche sur des solutions plus pérennes avec des hébergements chez des particuliers, dans des résidences universitaires ou encore dans des lycées. Environ 892 offres d’hébergement ont été proposées, selon un communiqué.

Scroll, jeux de cartes et nouvelles amitiés 

En attendant de trouver un toit temporaire ou mieux, d’avoir le droit de rentrer chez soi, les réfugiés passent leur temps comme ils peuvent. Certains lisent, beaucoup scrollent frénétiquement sur leur téléphone. Ici ou là, on pique un somme. 

D’autres tissent des liens avec leurs voisins d’infortune. Assis à table, une petite bande de cinq personnes se lance dans une énième partie de cartes. Il y a encore trois jours, ils ne se connaissaient pas. Désormais ils se disent « amis ». 

Marilyse joue aux cartes avec des personnes rencontrées au centre des expositions, eux aussi réfugiés des incendies, le 27 juillet 2026

Marilyse joue aux cartes avec des personnes rencontrées au centre des expositions, eux aussi réfugiés des incendies, le 27 juillet 2026. © Cyrielle Cabot, France 24

« Beaucoup de liens se sont tissés ici. Cet élan d’humanité, cette entraide, c’est peut-être ce qui met le plus de baume au cœur », sourit Marilyse. « Évidemment avec la fatigue et la frustration des uns et des autres, il y a eu des petits soucis. Mais globalement, il y a une très bonne ambiance. Les gens s’entendent bien ». 

Marilyse n’est pas la seule à souligner l’ambiance fraternelle qui règne dans le hangar. Partout, on ne tarit pas d’éloges sur l’organisation et le travail des quelque 500 bénévoles mobilisés.

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Service vétérinaire, aide juridique et séance de sport

Dans le hangar 2, réservé aux personnes autonomes et valides, une vie alternative s’est mise en place en un temps record. Comme dans un village, chaque besoin a trouvé sa place. Au milieu, se trouvent les lits de fortune et de grandes tables. Autour cohabitent un espace réservé à la restauration, un autre avec de grands tapis sert à faire du sport et des séances de relaxation. Dans un autre coin, des vétérinaires s’occupent des compagnons à quatre pattes. 

En parallèle, tout un tas d’activités, du divertissement à la santé en passant par l’organisation logistique des prochains jours, sont organisées : séances de kiné, relaxation, permanence d’avocats spécialisés en droit du travail… Jusqu’à une messe dans la matinée. 

Et quand on sort du hangar pour se rendre dans celui voisin, les piles de dons donnent le tournis.

Au centre des expositions de Bordeaux, un grand espace a été aménagé pour permettre de faire du sport

Au centre des expositions de Bordeaux, un grand espace a été aménagé pour permettre de faire du sport. © Cyrielle Cabot, France 24

Jeux de ballons

Parmi la ribambelle de bénévoles, Chris est devenu la coqueluche des enfants. Chemise à fleurs, canotier sur la tête et un grand sourire, le grand gaillard gonfle ballon après ballon pour les transformer en chien ou en épée. « Par contre, je vous préviens, je sais pas faire d’autres formes », avertit-il en riant.

« En temps normal, je suis bénévole auprès d’une association qui crée du lien et intervient auprès des personnes âgées », explique Chris. « Mais je tiens aussi une boutique en ligne d’animations. Alors c’était le bon moment pour utiliser ces ballons ». 

Chris, bénévole, a su devenir la coqueluche des enfants avec ses ballons de baudruche

Chris, bénévole, a su devenir la coqueluche des enfants avec ses ballons de baudruche. © Cyrielle Cabot, France 24

Un peu plus loin, Théo, lui, s’occupe de ranger une pile gigantesque de jeux de société. Il y en a pour tous les âges, et pour tous les goûts. « Je suis animateur pendant les vacances d’été, donc je suis là pour occuper les enfants », témoigne-t-il. 

« C’est intense, je travaille le matin dans un centre aéré et je viens ici l’après-midi. Mais c’est nécessaire. Et c’est le moins qu’on puisse faire dans des circonstances pareilles. »

« Je suis tellement soulagée de voir mes filles s’amuser et d’avoir un peu de soutien avec elles », réagit Mélissandre en regardant Emma et Chloé, 4 et 8 ans, jouer avec leur ballon. 

Depuis le début des incendies, cette maman célibataire a dû évacuer quatre fois. Habitante d’Arès, elle a tenté de se réfugier chez des amis à Andernos, Lanton ou encore Audenge, autant de communes qui se sont vidées en raison des risques liés aux fumées de l’incendie. « Maintenant, nous sommes là, mes filles sont bien. Nous ne partons plus jusqu’à pouvoir rentrer à la maison ».

« C’est difficile de dormir »

Même son de cloche pour Maëlle, arrivée samedi avec ses quatre enfants et son mari. Depuis la veille, ses trois chats l’ont aussi rejointe « grâce à une bénévole qui m’a autorisée à aller avec elle pour aller les chercher. J’étais tellement, mais tellement soulagée ! », explique Maelle, un petit félin sur les genoux.

« On m’a proposé plusieurs fois des solutions d’hébergement mais je préfère rester ici. Mes enfants sont contents, c’est comme s’ils étaient en colo. Et moi, il est hors de question que je laisse de nouveau mes chats. »

Juste derrière elle, assise sur son lit de camp, Claire raccroche son téléphone et sourit. Pour elle et sa mère, la journée sera la dernière dans le centre des expositions. « L’assurance vient de nous donner un peu d’argent pour nous prendre un hôtel les deux prochains jours. Il n’y a plus qu’à trouver », explique-t-elle, soulagée.

Toutes les deux sont arrivées vendredi soir. « Nous n’avons pas de voiture donc nous ne savions pas comment faire. Les gendarmes ont fini par nous orienter vers un bus qui nous a emmenées ici. Depuis, on attend. »

« C’est impressionnant toute cette organisation », reconnaissaient-elles, « mais nous allons être ravies de pouvoir dormir dans un vrai lit et de prendre une vraie douche. On ne va pas se mentir, entre les cris d’enfants, les aboiements des chiens et les lumières, c’était quasi impossible de dormir », ajoute Claire.

« On ne sait pas combien de temps tout cela va durer. Ce matin, on nous a dit qu’il faudrait encore au moins 48 heures. J’ai du mal à y croire. Trois jours ici, c’était gérable, mais ça ne peut pas durer indéfiniment. » 


Source:

www.france24.com

La Rédaction
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