« Première amoure », d’Emmanuelle Richard, Julliard, « Fauteuse de trouble », 288 p., 21 €, numérique 15 €.
Lors d’une rencontre en librairie, l’écrivaine Emmanuelle Richard échange brièvement avec un homme, qui lui plaît instantanément. Elle tente de le retrouver, en vain, puis pense le reconnaître parmi les lecteurs qui lui écrivent sur les réseaux sociaux. Mais est-ce bien lui ? Et surtout, est-ce que cet homme pourrait être celui qu’elle attend, l’idéal masculin bienveillant correspondant à « l’avis de recherche » lancé à demi-mot dans son livre précédent (Hommes, L’Olivier, 2022) ?
S’ensuit une phase de douce séduction numérique pendant laquelle les deux êtres s’apprivoisent par publications Instagram interposées. Emmanuelle Richard raconte un début de romance à l’ère des réseaux avec une écriture cadencée, au style flirtant avec le familier mais toujours maîtrisé, qui mène tambour battant ce jeu de piste dont on a envie de connaître l’issue. La mise en page aérée et la liberté affichée dans les retours à la ligne participent de la mélodie entraînante de l’ouvrage, faisant sonner certains passages comme des poèmes des temps modernes. Les chapitres courts et ciselés sont illustrés de posts, réels ou recréés, qui nous donnent l’impression de scroller l’écran au-dessus de l’épaule de l’autrice pendant qu’elle nous confie ses pensées, ses espoirs et ses doutes.
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Source:
www.lemonde.fr




