Le printemps. Cette saison où la nature fait fleurir tout ce qu’elle peut. Ce moment où l’humain retrouve le sourire à chaque rayon de soleil. Une période magique. Mais aussi un moment critique sur les routes. Chaque année, les forces de l’ordre françaises constatent avec dépit que les accidents impliquant des motards explosent en même temps que les pollens viennent chatouiller les narines des allergiques.
Alors que les garages s’ouvrent progressivement pour laisser les étranges chevaux mécaniques sortir, la police et la gendarmerie tentent d’alerter les motards occasionnels sur les risques encourus. « Chaque année c’est pareil. Aux beaux jours, on voit le nombre d’accidents avec des motos qui explose. Souvent, ce sont des chutes ou des pertes de contrôle qu’on n’explique pas. Mais à chaque fois, ça fait de gros dégâts. Chez les motards, la carrosserie, c’est le squelette », rappelle le commandant de police David Flageul. En Ille-et-Vilaine, 18 % des tués dans des accidents de la route circulaient sur un deux-roues motorisé.
« Tu te sens un peu à poil »
Ce samedi, ses services organisent près de Rennes une grande journée appelée « Reprise de guidon » visant à sensibiliser les motards, qui se tient un peu partout en France. « Avant de remonter sur la moto, tu as une appréhension. Les automatismes reviennent très vite. Mais quand tu n’as pas roulé de l’hiver, tu te sens vraiment vulnérable. Tu as cette sensation d’air frais sur toi qui te rappelle que tu es fragile. Tu te sens un peu à poil », témoigne Julien, quadragénaire installé en Bretagne et motard occasionnel.
« Quand je reprends, je ne suis pas à l’aise à 100 %. En moto, ce n’est pas comme en voiture, on est beaucoup plus vulnérable. Rouler, on sait faire mais quand on reprend, il faut être super vigilant », ajoute Chrystele. Après une longue pause, la quinquagénaire avait repris le guidon l’été dernier et opté pour un stage de conduite pour se remettre à la page. Ce samedi, elle participera à la journée « Reprise de guidon » pour rouler sereine.
Le problème des giratoires
Organisé pour la quatrième fois, l’événement balayera l’ensemble des bonnes pratiques à adopter avant de se remettre en selle. « Il faut bien faire le tour de la moto pour vérifier son état. Les pneus, la chaîne, la mécanique… », témoigne Julien. Il est aussi nécessaire de sortir avec un équipement de protection adapté, afin de se protéger en cas de chute. Mais le plus important, c’est sans doute de rouler tout doux. « Le plus dangereux à moto, c’est de sentir trop fort, d’avoir trop de confiance. Il ne faut pas se prendre pour un pilote et connaître son niveau », conseille le commandant David Flageul.
Chaque année, ses équipes doivent intervenir pour porter secours à des motards ayant chuté après une longue pause sans rouler. Dans la plupart des cas, les conducteurs perdent le contrôle lors d’un freinage ou glissent dans une courbe.
Notre dossier sur la moto
Le policier alerte notamment sur les dangers des giratoires ou encore des remonte files. Une pratique qui reste autorisée mais sous conditions. « On a de plus en plus de monde sur les routes, avec des usages diversifiés. Des piétons, des vélos, des voitures, des trottinettes. Tout ce monde se rencontre, se croise. Pour une petite faute de conduite, on peut parfois avoir des conséquences très graves », martèle le commandant de police.
Source:
www.20minutes.fr




