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A Venise, nichée dans un palais, la nouvelle fondation Dries Van Noten présente œuvres d’art et pièces d’artisanat venues du monde entier

Venise, ville-musée ? Difficile de le nier. Ses canaux et ses places sont des salles d’exposition, ses murs des cimaises. Mais la lagune est vivante et la « ville-musée » n’est pas figée. En 1951, en ouvrant aux visiteurs les portes de son palais sur le Grand Canal, la richissime Peggy Guggenheim se doutait-elle que, un jour, elle ne serait pas la seule à y présenter l’art de son époque ? Et que, des décennies plus tard, suivraient les musées de la Collection Pinault, la Fondation Prada et tant d’autres ? Pas une année sans que les palais et autres bâtisses aux vieilles pierres n’accueillent de nouveaux espaces. Philanthropes, collectionneurs, artistes, de bon ou de mauvais goût, personnalités attirées par le flot de visiteurs des biennales, par la splendeur de la ville ou par simple mimétisme, nombreux sont ceux qui s’offrent une adresse à Venise.

A partir du 25 avril, c’est au tour du Palazzo Pisani Moretta d’ouvrir ses portes. Situé sur le Grand Canal, près de la basilique Santa Maria Gloriosa dei Frari, l’édifice est l’un des plus connus de la ville pour son architecture gothique fleuri. Depuis des décennies, il est loué pour des anniversaires ou des mariages. De nombreux Vénitiens ont ainsi admiré les stucs dorés de ses salons de réception, ainsi que les fresques de Giovanni Battista Tiepolo et Jacopo Guarana. Le palais Pisani Moretta abrite désormais la Fondation Dries Van Noten, créée par le créateur de mode belge et son compagnon, Patrick Vangheluwe.

« C’est une toute nouvelle vie », s’amuse le styliste flamand en faisant visiter le palais, avec ses trois étages nobles auxquels s’ajoutent des niveaux intermédiaires. Ce jour de mars, le bâtiment est une ruche en pleine activité. Des parois sont installées pour y accrocher des photographies. Des luminaires sont ajustés. Lampe frontale sur le crâne, une employée inspecte, à peine déballée, une céramique ressemblant à un fruit exotique signée de la Japonaise Kaori Kurihara, et vérifie que le transport ne l’a pas endommagée. Dans quelques heures, un bateau viendra livrer, par l’entrée donnant sur le Grand Canal, une imposante sculpture de l’artiste belge Peter Buggenhout. En tout, plus de 200 œuvres et pièces d’artisanat venues du monde entier, soigneusement choisies par Dries Van Noten.

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Source:

www.lemonde.fr

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