Ce nouvel épisode s’inscrit dans une suite d’interventions policières problématiques visant le même jeune homme. Il y a plusieurs années déjà, un article publié par Sudinfo faisait état d’une interpellation violente « par erreur », au motif qu’Adam aurait prétendument correspondu au profil d’un suspect recherché. Cette affaire ancienne avait suscité l’indignation de sa famille et soulevé de sérieuses interrogations sur la manière dont la police traite les personnes souffrant de déficience mentale.
Aujourd’hui, les faits se répètent avec une gravité particulière. Vers 16h15, Adam a été interpellé devant le Centre éducatif Tilbeur. Les éducateurs présents ainsi que la direction de l’établissement ont immédiatement informé les policiers qu’Adam est un jeune adulte lourdement handicapé, qu’il ne comprend pas toujours les injonctions et qu’il ne peut, en droit, être embarqué sans la présence d’un représentant légal. Ces informations ont été clairement exprimées aux agents.
Malgré cela, Adam a été menotté et emmené. Des traces visibles des menottes ont été constatées sur ses poignets. Deux éducateurs présents lors de l’intervention puis au commissariat se disent prêts à témoigner et à confirmer que la police n’a pas tenu compte de la vulnérabilité de la personne interpellée ni des avertissements formulés par les professionnels encadrants.
Le problème ne réside pas dans l’existence de contrôles policiers, mais dans la manière dont ceux-ci sont effectués lorsqu’ils concernent une personne lourdement handicapée. L’absence d’adaptation, le recours à la contrainte et le refus d’entendre les éducateurs et la direction d’un centre spécialisé posent de sérieuses questions sur le respect des obligations légales et éthiques qui incombent aux forces de l’ordre.
Lors d’un précédent épisode, le père d’Adam s’était vu opposer un refus de dépôt de plainte au commissariat d’Evere. Ce n’est qu’après l’intervention du contrôle interne de la police de Bruxelles Nord qu’il avait finalement été contacté pour pouvoir déposer plainte. Ces éléments renforcent le sentiment d’un dysfonctionnement institutionnel qui dépasse le simple cadre d’une intervention isolée.
À ce stade, il s’agit d’une affaire en cours. Des démarches sont engagées, des témoignages existent, et d’autres éléments factuels sont attendus dans les prochains jours afin d’établir précisément les responsabilités et les circonstances exactes de cette nouvelle interpellation. Toute la lumière devra être faite sur le déroulement des faits et sur le respect, ou non, des droits d’une personne vulnérable.
Adam n’est pas un suspect. Adam est un jeune homme handicapé, reconnu comme tel, qui doit bénéficier d’une protection particulière. Tant que cette affaire ne sera pas clarifiée et traitée avec la rigueur nécessaire, elle continuera de poser une question fondamentale : celle de la capacité de nos institutions à protéger les plus fragiles, y compris lorsqu’ils se retrouvent face à l’autorité.




