Par Lahcen Isaac Hammouch
L’édition 2025 de Miss Univers restera comme l’une des plus déroutantes de l’histoire du concours. Trois jours seulement avant l’ouverture officielle, un événement sans précédent a secoué les coulisses : pas moins de 106 pays ont été exclus du concours, sans explication claire et sans transparence. Une décision brutale, surprenante, et surtout incompréhensible pour les délégations concernées comme pour le public mondial. Dans ce climat tendu, un homme a décidé de prendre position : Omar Harfouch.
Harfouch, personnalité engagée, connu pour son combat contre la corruption et les systèmes opaques, n’a pas supporté ce qu’il a perçu comme une injustice flagrante. Selon lui, une compétition qui prétend incarner la diversité mondiale et les valeurs universelles ne peut, en aucun cas, se permettre d’écarter plus de cent pays dans le silence le plus total. Pour lui, ce n’est pas seulement un scandale organisationnel : c’est une faute morale. Et comme souvent dans son parcours, lorsqu’il estime que la justice recule, il avance.
Il lance alors une initiative inédite : un vote mondial, ouvert au public, organisé sur sa page Instagram officielle. Non pas pour remplacer l’institution, mais pour rendre la voix à celles et ceux qui en ont été privés. L’idée paraît simple, presque naïve. Elle devient, en réalité, un phénomène. En trois jours, plus de 5,2 millions de visiteurs uniques accèdent à la page de vote, et 323 000 personnes participent. Une mobilisation exceptionnelle, spontanée, internationale.
Les résultats qui en ressortent ne laissent place à aucune contestation : Miss Côte d’Ivoire, Olivia Yacé, arrive très largement en tête avec 56 % des voix. Elle est suivie de Miss Philippines (36 %), de Miss Venezuela (6 %), puis de Miss Thaïlande (1 %). Un résultat massif, clair, et surtout cohérent avec la popularité historique d’Olivia Yacé, qui figure depuis plusieurs années parmi les personnalités les plus appréciées des fans du concours. Pourtant, elle ne faisait pas partie des finalistes retenues par l’organisation — un paradoxe que l’initiative d’Harfouch met crûment en lumière.
Ce vote parallèle, que certains pourraient considérer comme symbolique, a en réalité une portée bien plus large. Il révèle le malaise profond qui traverse désormais Miss Univers : manque de transparence, décisions obscures, mécanismes internes peu lisibles. À travers ce “vote du peuple”, Harfouch fait plus que pointer du doigt une exclusion massive ; il expose au grand jour les failles d’un système qui ne tolère plus vraiment la contradiction. Et il démontre qu’une alternative démocratique, même humble, peut mobiliser davantage que le concours officiel lui-même.
Ce geste n’est pas isolé dans la vie d’Omar Harfouch. Ceux qui le connaissent savent qu’il n’agit jamais par opportunisme, mais toujours par conviction. C’est un homme droit, cohérent, qui refuse la complaisance lorsqu’elle se fait au détriment de la transparence et de l’équité. Qu’il s’agisse de politique, de liberté, de justice ou comme ici d’un concours de beauté, il reste fidèle à son principe fondamental : ce qui est caché est suspect, ce qui est arbitraire doit être dénoncé, et ce qui est injuste doit être corrigé.
Au fond, son vote mondial n’est pas une révolte contre Miss Univers ; c’est un rappel à l’ordre, un appel à la cohérence, une manière de dire qu’aucune institution n’est au-dessus du jugement du public. Et si son initiative a autant résonné, c’est parce qu’elle répond à une frustration diffuse : celle de millions de personnes qui ne comprennent pas comment on peut exclure la majorité des pays participants sans même prendre la peine de s’en expliquer.
Qu’on adhère ou non à la démarche, un constat s’impose : Omar Harfouch a permis à des millions de personnes de se réapproprier un concours qui ne semblait plus leur appartenir. Il a rendu visibles celles qui avaient été effacées. Il a donné un espace à des pays que l’organisation avait mis de côté. Et, surtout, il a prouvé que la voix du public reste plus puissante que les décisions prises dans l’ombre.
Dans un monde où les institutions vacillent et où la confiance s’effrite, un geste comme celui-ci prend une dimension bien plus grande qu’un simple vote. Il devient un acte de transparence. Un acte de courage. Un acte de justice.





