Un cortège pacifique entre la Place du Trône et les institutions européennes
Rassemblés en début d’après-midi, les participants ont défilé dans une atmosphère calme mais déterminée, brandissant des portraits de Nasser Zefzafi, Nabil Ahamjik et d’autres militants condamnés à de lourdes peines de prison.
Les drapeaux amazighs dominaient le cortège, accompagnés de pancartes appelant à la « justice et à la liberté pour les détenus » et à la « fidélité aux martyrs du Rif ». Des femmes et des enfants étaient également présents, plusieurs portant des gilets orange d’organisation assurant le bon déroulement du rassemblement.

Les slogans, scandés en amazigh, en arabe et en français, exprimaient un double message : un hommage au défunt Ahmed Zefzafi, perçu comme une figure morale du mouvement, et une dénonciation du « silence international » autour du sort des prisonniers politiques au Maroc.
Une mobilisation transnationale de la diaspora rifaine
Cette manifestation s’inscrit dans une série d’initiatives coordonnées à travers l’Europe, notamment à Amsterdam, Paris et Berlin, où des associations issues de la diaspora rifaine ont organisé des veillées et rassemblements similaires.
À Bruxelles, le mouvement bénéficie d’un ancrage particulier, avec une communauté rifaine importante et active depuis 2017 dans le suivi du dossier des détenus du Hirak.
Le Collectif des Rifains d’Europe a rappelé dans un communiqué publié avant la marche que cette journée marquait le 40e jour du décès d’Ahmed Zefzafi, symbole de la persévérance du mouvement. « Nous continuerons à porter la mémoire des martyrs et à exiger la libération immédiate des prisonniers du Hirak », pouvait-on lire dans le texte.
Une manifestation encadrée et sans incident
Selon les images et vidéos diffusées sur les réseaux, la marche s’est déroulée dans le calme. Le service d’ordre, composé de bénévoles, a accompagné le cortège jusqu’à son point final, où plusieurs prises de parole ont eu lieu.
Parmi elles, des militantes ont rappelé le caractère pacifique du Hirak du Rif et dénoncé la persistance de conditions jugées « arbitraires » dans les prisons marocaines.
Les autorités belges n’ont signalé aucun incident. La police de Bruxelles a accompagné le défilé, qui s’est terminé en fin d’après-midi par une minute de silence en mémoire d’Ahmed Zefzafi et des « martyrs du Rif ».
Le Hirak, neuf ans après
Le mouvement du Hirak du Rif est né à Al Hoceima en octobre 2016, après la mort tragique du vendeur de poisson Mohcine Fikri, broyé dans une benne à ordures alors qu’il tentait de récupérer sa marchandise confisquée.
Les manifestations de masse qui ont suivi ont été durement réprimées, entraînant des centaines d’arrestations. Plusieurs figures, dont Nasser Zefzafi, ont été condamnées à vingt ans de prison.
Neuf ans plus tard, la diaspora rifaine demeure l’un des relais les plus actifs de cette cause, entre devoir de mémoire et revendications politiques.
Cette mobilisation à Bruxelles témoigne de la vitalité du réseau militant rifain en Europe et de sa capacité à maintenir vivante la question du Hirak sur la scène publique internationale.




