ACTUALITESyrie: les jihadistes retirent leurs armes lourdes de la...

Syrie: les jihadistes retirent leurs armes lourdes de la future « zone démilitarisée

-

Publicité

8 Oct 2018

4b133bf02833d0f5f2f6e8be5b68661ceaaea0b7AFP/Archives / OMAR HAJ KADOUREntraînement de combattants du groupe jihadiste Hayat Tahrir al-Cham (HTS) dans la campagne de la province d’Idleb, dans le nord-ouest de la Syrie, le 14 août 2018

Après les factions rebelles, les groupes jihadistes, qui contrôlent une grande partie de la province syrienne d’Idleb, ont commencé à retirer leurs armes lourdes de la future « zone démilitarisée » dans le dernier grand bastion insurgé dans le pays en guerre.

Une source proche des jihadistes a confirmé lundi soir le début du retrait.

Ce retrait des armes lourdes est l’un des points stipulés dans l’accord conclu le 17 septembre à Sotchi (Russie) entre Ankara, soutien des rebelles, et Moscou, allié du régime de Bachar al-Assad.

L’initiative a permis d’éloigner la menace d’une offensive du régime syrien contre ce grand fief insurgé, une opération qui faisait notamment craindre aux ONG et à l’ONU une « catastrophe humanitaire » et un « bain de sang ».

L’accord prévoit l’instauration d’ici au 15 octobre d’une zone tampon de 15 à 20 km de large dans la province d’Idleb (nord-ouest) et des parties des provinces voisines de Hama, Lattaquié et Alep.

Cette « zone démilitarisée », qui doit être surveillée par des troupes turques et la police militaire russe, doit séparer les territoires insurgés d’Idleb des secteurs gouvernementaux adjacents.

En vertu de l’accord, les armes lourdes de tous les groupes armés insurgés doivent être retirées de la zone avant le 10 octobre, tandis que les jihadistes doivent avoir quitté les lieux le 15.

– Retrait discret –

Hayat Tahrir al-Cham (HTS) « et d’autres groupes jihadistes moins influents ont retiré leurs armes lourdes de larges pans » de la future zone démilitarisée, a indiqué lundi à l’AFP le directeur de l’Observatoire syrien des droits de l’Homme (OSDH), Rami Abdel Rahmane.

L’opération a débuté discrètement « il y a deux jours », a précisé M. Abdel Rahmane.

« Jusqu’à présent, les armes lourdes ont été retirées du nord de la province de Hama et de l’est de celle d’Idleb », des secteurs situés dans la future « zone démilitarisée », a-t-il ajouté.

Selon lui, l’opération va se poursuivre jusqu’au retrait de toutes les armes lourdes des jihadistes de cette zone.

Jusqu’à présent, les jihadistes, qui contrôlent 70% de la « zone démilitarisée » envisagée, n’avaient pas fait de commentaire sur l’accord turco-russe.

Seul Houras al-Din, groupuscule lié à Al-Qaïda, avait fait part de son opposition au texte. Cependant, l’OSDH a indiqué qu’il faisait partie des groupes jihadistes à avoir retiré ses armes lourdes.

afe3b92e88a6e5617ba2d03564406e2b5febe52aAFP / Nazeer AL-KHATIBUn combattant d’un groupe rebelle soutenu par la Turquie tient son fusil près de la ville d’al-Bab, dans la province d’Alep, dans le nord de la Syrie, le 8 octobre 2018

Si HTS n’a pas réagi officiellement à cette annonce de retrait des armes lourdes, une source locale proche du groupe l’a confirmé.

« HTS, tout comme les autres factions (jihadistes) est en train de transporter les armes lourdes » hors de la zone démilitarisée, a-t-elle indiqué.

– « Contrer toute attaque » –

Selon cette source, cette décision a été prise après des assurances de la Turquie selon lesquelles « ni la Russie, ni le régime syrien, ni l’Iran (autre allié de Damas, ndlr) n’ont l’intention de faire volte-face par rapport à l’accord et que la présence des forces turques (sur place) empêchera toute opération militaire » ennemie.

Cependant, ajoute-t-elle, HTS conserve une position « ferme et définitive » sur le retrait des combattants de la zone: « chaque faction se maintiendra sur ses positions et sera prête à contrer toute attaque du régime ».

Le retrait des armes lourdes des jihadistes a été précédé par celui des groupes rebelles.

Le Front national de libération (FNL), une coalition rebelle pro-Ankara, a annoncé samedi avoir commencé à retirer une partie de son arsenal militaire et lundi, la fin de ce retrait a été confirmé à l’AFP par le porte-parole de la coalition, Naji Moustafa.

Mais côté rebelles aussi, les combattants affirment être toujours pleinement mobilisés contre une éventuelle attaque.

Cachés dans des tunnels ou derrière des fortifications, ils observent avec beaucoup d’attention le mouvement des forces ennemies du régime positionnées parfois à quelques kilomètres d’eux.

bf107fb4220fb51bd838fd06ff8ae750e62d695cSANA/AFP / –Photo fournie par l’agence de presse officielle syrienne Sana montrant le président syrien Bachar al-Assad qui préside le comité central du parti Baath au pouvoir le 7 octobre 2018 à Damas

Comme les jihadistes, les factions rebelles misent sur la présence turque dans la zone pour les protéger, craignant que l’accord russo-turc ne soit le prélude à un retour du régime dans cette région.

Le président Bachar al-Assad a d’ailleurs qualifié de « mesure temporaire » l’accord, assurant que cette région insurgée finirait par revenir dans le giron du régime.

Plus de 360.000 personnes ont été tuées en Syrie depuis le début du conflit, déclenché par la répression sanglante de manifestations anti-gouvernementales et qui s’est internationalisé au fil des ans

Source : AFP

Lahcen Isaac Hammouch
Lahcen Isaac Hammouchhttps://www.bxl-media.com
Lahcen Isaac Hammouch est un journaliste, écrivain et conférencier belge, engagé depuis plus de deux décennies dans les questions de cohésion sociale, de dialogue interculturel et de compréhension des enjeux géopolitiques contemporains. Journaliste et acteur médiatique Fondateur et président de Bruxelles Media, une agence de presse internationale, il a contribué à donner une voix aux communautés issues de la diversité tout en s’ouvrant à des débats de portée mondiale. Il collabore avec de nombreux journaux et plateformes, en Belgique et à l’international, où il publie régulièrement des chroniques et analyses sur la démocratie, la radicalisation et les défis migratoires. Écrivain et auteur engagé Hammouch est l’auteur de l’ouvrage de référence « Political Islam and Liberal Democracies : The Roots of an Existential Incompatibility » (2023), dans lequel il analyse en profondeur les tensions entre l’islam politique et les valeurs libérales. Un second livre, Peace in the South Caucasus, en 2025, et un troisième projet en cours portera sur le jihadisme au Sahel. Ses écrits se distinguent par une approche analytique, documentée et accessible à un large public.
Publicitéspot_img
Publicité

Dernières nouvelles

1/10: CBS Weekend News

1/10: CBS Weekend News – CBS News Watch CBS News Police arrest man in the murder mystery of Ohio...

Lahcen Isaac Hammouch « Maroc–Belgique : quand la loi protège la presse ici et protège le pouvoir là-bas »

La nouvelle loi marocaine relative à la presse et à la réorganisation du secteur n’est pas seulement un texte...

Guerre au Soudan : le monde est invité à ne pas ignorer les « horribles violences sexuelles »

Publié par le bureau des droits de l’homme des Nations Unies, HCDHle rapport décrit comment des civils – dont...

Un artiste tatar de Crimée trace une nouvelle voie à travers l’argile en Ukraine en temps de guerre

Depuis l’invasion à grande échelle de la Russie en 2022, l’Ukraine a subi des raids aériens et des frappes...
- Advertisement -spot_img

« Crise presque invisible » : l’ONU exhorte le monde à ne pas détourner le regard du Myanmar

Parlant à Actualités de l’ONU lors d’une visite au siège de l’ONU à New York, Gwyn Lewis, résidente par...

L’Ukraine continue de souffrir alors que l’électricité est coupée pendant plusieurs jours en raison des attaques russes en cours

Dans une mise à jour en provenance d’Ukraine, le plus haut responsable de l’aide de l’ONU dans ce pays,...

Must read

1/10: CBS Weekend News

1/10: CBS Weekend News – CBS News Watch CBS...
- Advertisement -spot_img

You might also likeRELATED
Recommended to you